Le crédit rotatif en noyaux de reproducteurs de caprins comme moyen de renforcer de la résilience des populations vulnérables dans la Commune de Boussouma (Province du Sandbontenga)
Dans le cadre du Projet d’amélioration de la résilience par le petit élevage (PARPEL II) , A2N utilise la conduite d'élevages naisseurs de petits ruminants pour renforcer les capacités et les moyens de production des ménages vulnérables.
Après un long processus de sélection des bénéficiaires ayant abouti à l’identification participative et inclusive, 280 ménages vulnérables essentiellement des femmes ont reçu des noyaux reproducteurs de caprins suivant un mécanisme de crédit rotatif en nature.
La dotation initiale porte sur la mise en place d’un noyau de six (6) caprins reproducteurs composé d’un bouc et de 5 chèvres à chaque ménage vulnérable. Le premier lot de bénéficiaires s’engage à rembourser, trois (03) animaux issus du noyau reproducteur à un second groupe de bénéficiaires dans un délai de 18 mois. Durant cette période, le bénéficiaire s’engage à ne pas vendre d’animaux. Pour pallier à cette situation qui pourrait survenir, A2N, a mis en place un système de financement endogène via les associations villageoises d’épargne et de crédit (AVEC) où les bénéficiaires peuvent épargner et contracter des prêts pour développer soit une AGR ou gérer les petites dépenses.
En plus des animaux, chaque bénéficiaire reçoit également un appui en compléments alimentaires (150kg de SPAI), le suivi sanitaire des animaux ainsi que des formations. L’objectif visé à travers cette approche, est le renforcement de la résilience des ménages vulnérables par la constitution d’actifs animaux et le développement des liens de solidarité.
La remise des noyaux reproducteurs aux bénéficiaires ainsi que le passage des actifs aux seconds bénéficiaires par les premiers se fait lors d’une journée dédiée à l’évènement en présence de tous les acteurs ayant participé au ciblage des bénéficiaires (autorités locales, services techniques déconcentrés de l’état, communautés, etc.).
L’approche est avant tout communautaire avec une responsabilisation progressive des populations et notamment les comités directeurs locaux (CODIL) mis en place pour assurer la pérennité des actions entreprises. C'est une méthode qui renforce l'autonomie locale et la prise de décision partagée, cruciale pour le développement.
Après 18 mois d’élevage par les 280 premiers ménages bénéficiaires ayant reçu au total 1680 têtes de caprins (280 boucs et 1400 chèvres), les résultats se présentent comme suit :
- 2067 caprins reproducteurs distribués à 352 ménages vulnérables,
- 45,6 tonnes d'aliment bétail distribués à 352 ménages vulnérables pour le cheptel,
- 352 ménages vulnérables appuyés pour le suivi sanitaire du cheptel,
- Mise en place d’un mécanisme de rotation communautaire fondé sur la restitution partielle, des produits ou de la descendance animale par les premiers bénéficiaires, permettant de constituer des noyaux reproducteurs pour de nouveaux ménages vulnérables,
- 352 ménages vulnérables formés sur les itinéraires techniques en matière d'élevage,
- 352 ménages vulnérables formés sur les techniques d'embouche bovine et ovine,
- 24 associations villageoises d’Epargne et de Crédit (AVEC) mises en place et accompagnées autour des AGR au profit de 452 bénéficiaires.
Le crédit rotatif via des noyaux de reproducteurs caprins est une stratégie prometteuse pour renforcer la résilience des populations vulnérables, en offrant un accès durable au capital vivant qui se reproduit, crée des revenus (vente des sous-produits, animaux) et constitue une garantie, renforçant la sécurité alimentaire et économique face aux chocs climatiques.
La cellule de communication de A2N
